Un autre des culs-de-sac de l’agriculture industrielle : la fin du phosphore.

Je suis tombé sur un article de Radio-Canada par hasard, on annonce la fin du phosphore. Comment?

L’article complet `: La fin du phosphore. (Radio-Canada)

Je me doute bien que l’agriculture industrielle actuelle n’est pas soutenable à moyen et long terme, mais j’ignorais que le phosphore minéral était une ressource limitée et non-renouvelable.

Pour se développer, les plantes ont besoin, entre autres, de trois éléments essentiels : l’azote, le phosphore et le potassium. C’est ce que contiennent les engrais minéraux dont l’agriculture industrielle moderne à tant besoin. Une pénurie de phosphore serait une catastrophe.

La grande majorité du phosphore des engrais agricoles vient de roches phosphatées sédimentaires récoltées dans des mines à ciel ouvert. Une étude estime qu’au rythme où vont les choses, les réserves mondiales seraient épuisées dans 50 ou 100 ans. En plus, environ 80% de ce qu’on épand dans les champs est gaspillé et ruisselle dans les cours d’eau contribuant à l’eutrophisation des cours d’eau, à la prolifération d’algues et de cyanobactéries.

L’agriculture industrielle moderne semble courir droit  dans un mur.

Or il semblerait qu’une autre agriculture soit possible. Les méthodes de l’agriculture régénérative pourraient être une partie de la solution.

Marie Thévard a publié en 2021, Le Jardin Vivrier, livre dans lequel elle présente son expérience d’autosuffisance alimentaire. Elle traite dans une partie du livre de la question de la fertilité du sol.

« Marie-thé a fait faire une analyse du sol de sa propriété au début des années 2000. Bien que les résultats aient été égarés depuis, elle se rappelle en particulier que le sol était plutôt pauvre, carencé en phospore. Le phospore étant souvent, au niveau mondial, l’élément critique de la productivité, du moins celui sur lequel on a le moins de prise, c’est lui qui avait retenu son attention. »

« Une analyse plus récente du sol du jardin de Marie-Thé, en octobre 2019, est venu éclipser la précédente : le sol est maintenant riche, voire très riche (trop riche!), en tous les différents minéraux et oligo-éléments, y compris le phosphore. »

« La première analyse ayant indiqué un sol carencé, Marie-Thé s’est attelé à en augmenté la fertilité par des doses massives de compost, puisqu’elle s’interdisait tout apport d’intrants sous forme d’engrais de synthèse. »

« Ce qui est réjouissant dans ces résultats est qu’aucun engrais minéral ou de synthèse n’a été ajouté dans l’intervalle de 19 ans séparant les deux analyses de sol. Le seul enrichissement, année après année, fut l’apport de matières organiques telles les déchets de cuisine récupérés d’un café-resto voisin, le compost de table de la maison et des résidus de jardin, le fumain, les paillis, le fumier de poules et de chèvres, et l’épandage de la cendre de bois au printemps. »(p.30)

« La conclusion est sans équivoque : augmenter la fertilité du sol sans fertilisants de synthèse n’est pas seulement possible, c’est assez facile, très peu coûteux et relativement rapide et, surtout, cela permet de s’affranchir ses systèmes industriels. » (p.35)

Son approche est essentiellement basée sur le non-travail du sol, le paillage du sol, l’abandon du labourage et la fertilisation sans engrais de synthèse. Les résultats semblent concluants.

Je lis ces résultats de Marie-Thévard, je lis aussi la même chose dans les expériences d’Eliot Coleman dans le Maine et de Jean-Martin Fortier au Québec. Les mêmes conclusions chez ceux qui, de plus en plus nombreux, produisent du boeuf nourri à l’herbe. Le film Kiss the Ground abonde dans le même sens.

J’ai l’impression de voir naître un nouveau courant de pensée porteur de solutions nouvelles et réalistes.

Et ça me donne espoir pour l’avenir.

 

 

 

 

 

 

 

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